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Pourquoi faut-il qu'après de nombreuses années de présidence, je me trouve obligé de faire l'éloge funèbre de mon meilleur ami.... Me faut-il en arriver comme Hamlet à juger ainsi les vanités de la terre... Mon cher Rubens, tu nous a quitté alors que je venais tout juste de quitter Paris en mission... cette mission c'est toi qui me l'avais dictée, car, à des milliers de kilomètres des jeunes gens se préparait à disputer une suprématie sportive... tu l'avais voulu ainsi dans ton idée moralisatrice, si, fidèle au devoir, hélas, je n'ai pu recueillir ton dernier soupir. Excuse moi... C'est donc à toi, c'est à toi seul que je m'adresse aujourd'hui... Si Chateaubriand a écrit ses mémoires d'outre-tombe, souvenirs de celui qui est parti à ceux qui restent, pour moi, en ces moments, je t'adresserai des souvenirs d'au delà la tombe puisque...hélas, tu gît maintenant dans cette glèbe qui sera notre linceul à tous... Né dans le clair soleil du Midi, tu aurais évidemment désiré reposer à l'ombre des oliviers, si le sort en a décidé autrement et que désormais, tu resteras sous le ciel d'Ile de France, c'est là que toute ta volonté s'est épanouie... Près de 35 ans, nous avons vécu dans l'idéal qui était le notre, alors que j'étais tout jeune, tu m'as appris à comprendre toute la grandeur de ton Œuvre, un jour que j'étais découragé, devant l'ampleur de la tâche à venir et que je voulais renoncer... tu m'as dit : IL NE FAUT JAMAIS DIRE « FONTAINE, JE NE BOIRAIS PLUS DE TON EAU » De ce jour, j'ai compris que quoiqu'il arrive, je devais continuer... Dans notre PETIT MONDE, qui est petit par ses effectifs, mais, c'est grand par son moral et son rayonnement Mondial, souvent...dans mon for intérieur... je t'ai comparé à César et à Napoléon... idées ridicules peut être.. mais le jeune militant que j'étais autrefois restait toujours fasciné par le petit buste de l'Empereur qui se trouvait sur la table de travail... dans le vieux militant que je suis devenu...mon opinion n'a pas changé. Comme César... tu es venu de ton petit pays Cévenol...tu as vu la détresse de tes frères d'infortune, pour eux, tu as vaincu bien des préjugés... VINI...VIDI...VICI... Mais, à l'encontre de César, ta victoire fut celle d'un indomptable courage... Vaincre n'était pas tout car il fallait CONSTRUIRE, alors, en face de ce petit buste et devant l'énorme paperasserie qui exigeait de toi une attention soutenue, nuit et jour tu as travaillé... tu as tout organisé... C'est ainsi que tu as crée notre Fédération Sportive Inlassable, tu créa ensuite notre Comité International Mais, et surtout, tu aidas d'une façon logique et qui a l'époque paraissait révolutionnaire à l'EMANCIPATION D'UNE JEUNESSE HANDICAPEE... Seul et souvent sans appuis, simplement fidèle à ton IDEAL, tu as aidé des milliers de jeunes gens à travers Monde, à comprendre qu'ils pouvaient devenir les égaux de ceux que la Nature avait non pas favorisé mais simplement laissé dans toute la liberté de cette Nature, à la fois généreuse et souvent hélas ingrate pour certains. Ton Œuvre, c'est d'avoir voulu réparer cette injustice, tu as voulu lutter contre cette injustice... Ta fierté et la notre... c'est que tu as réussi... Pied à pied, tu as lutté pour notre émancipation sportive, maintenant, de par le Monde, des milliers de jeune gens te disant...MERCI... Avant de nous quitter pour toujours... tu as vu ta Fédération en plein essor tu savais que ton Comité International se préparait,_ pour la première fois, ses Jeux Internationaux, les X°, hors du Continent Européen cela aura été ta dernière fierté. Tu nous a quitté à quelques heures de l'ouverture des Jeux Internationaux d'Hiver qui se déroulait aux confins de la Suède. Ton drapeau, celui du C.I.S.S. après sa lente ascension au mât Olympique, dans la nuit Nordique à la lueur des torches, est revenu se mettre en berne... dernier hommage de la Jeunesse Silencieuse à celui qui fut le créateur de ces grands rassemblements que tu créa de toutes pièces... Ces instants furent pour moi des plus poignants, car avec toi et ce symbole du drapeau en berne, disparaissait 35 ans de collaboration... Mais l'IDEAL, lui, demeurait, ce sera donc notre trait d'Union au delà de la Mort... Mon Cher Rubens, tu nous quitte, ta tâche est accomplie sur la Terre, tu lui a consacré toute ta vitalité, tout ce que ton cœur pouvait avoir de généreux, repose donc en Paix car si ta Mission Humaine est accomplie, ton Œuvre, elle est impérissable... Et nous la continuerons...
ADIEU...
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